Révolution technologique au chevet du patient

Le Terminal Multimédia, (TMM) un poste de travail partagé dans les hôpitaux

Nous assistons depuis quelques temps à une révolution lente et souterraine de l’environnement multimédia patient.

Télévision IP, services multimédia, les systèmes évoluent au gré des progrès technologiques, mais une solution nous intéresse particulièrement aujourd’hui : le Terminal Multimédia.

Barco, qui fut pionnier mondial dans le développement de la vidéo projection et des moniteurs professionnels décide de racheter la société  JAOTECH, leader des terminaux patients à la tête du lit (ou appelé dans le jargon technique ‘’bed-side terminal’’).

Dans un même temps, Orange Business Service s’associe avec PHILIPS Healthcare et son système multimédia CareServant.

Deux faits qui sont bien les preuves du potentiel de développement que représente ces produits dans le secteur de la Santé. Ces nouveaux rapprochements de grandes entreprises sont à l’aune de prochaines évolutions technologiques et économiques dans ce secteur.

 

Les différents Terminaux Multimédia de chez Jaotech

Les différents Terminaux Multimédia de chez Jaotech

Beaucoup d’intégrateurs software sur le marché, (LINCOR, MGATE,  pour ne citer que les plus connus…) utilisent déjà les écrans Jaotech. Leur valeur ajoutée a toujours été (et est toujours d’ailleurs) dans le software et les licences vendues à prix d’or.

Rappelons que le grand intérêt de ces terminaux est d’être un outil « mutualisé » ou ‘’partagé’’ entre les patients pour leur divertissement,  et le personnel médical ou les services techniques des hôpitaux pour des besoins professionnels.

Pour les patients hospitalisés, ce terminal permet dans un usage plus que basique, de regarder la télévision, surfer sur Internet, et de téléphoner.

D’autres services, peu répandus en France, sont, par exemple, la possibilité d’accéder à des « Livres », audio ou numérisés, d’écouter de la musique, d’acheter de la VOD, de commander des services (boutique, cafétéria), de choisir ses repas, de bénéficier d’ informations sur la pathologie traitée, l’opération subie,  de s’informer sur l’Hôpital, ou, à l’inverse, d’être informé par l’Hôpital pour ses rendez-vous d’examens, ses droits, ses devoirs, et cette liste n’étant pas exhaustive… loin s’en faut.

Le terminal multimédia vu par Philips Healthcare et son produit Careservant

 

Pour le patient, le TMM est ergonomique et confortable. Ecran tactile monté sur un bras articulé et situé à la tête du lit,  il permet de régler l’angle de vision quelle que soit la position du patient, et procure aussi, la discrétion, lorsque le patient souhaite lire ou rédiger des mails, communiquer sur ses réseaux sociaux. Il apporte un véritable confort dans les chambres à plusieurs patients..

Dans des contextes bien particuliers (Maison de retraite, Handicap …) des solutions très adaptées sont aujourd’hui proposées. L’une d’entre elles, Technosens, émerge dans cette niche particulière.

Pour l’hôpital

Le Terminal Multimédia devient « un poste de travail dans la chambre » connecté au système d’information de l’établissement.

A partir de ce poste de travail, le personnel médical peut,  grâce à un badge nominatif, qui sécurise l’accès, accéder à l’environnement du SI qui lui est autorisé.

Bien évidemment, on pense immédiatement au DMP, mais beaucoup d’autres possibilités peuvent être imaginées.  (Commande d’examens, saisie de données, affichage de résultats, instructions, vidéos pédagogiques pour l’information du patient préopératoires ou postopératoires, enquêtes de satisfaction en ligne etc.  …)

Le terminal peut aussi être utilisé par le personnel des services  techniques, informés par les requêtes de dysfonctionnements,  constatées et directement saisies depuis la chambre. Ces anomalies sont alors centralisées  sur un poste informatique du service maintenance pour la planification des interventions.

Le point de vue d’Hôpital Trend : Oui au TMM … si …

Dans le cadre de conventions d’occupation du domaine public, les hôpitaux délèguent dans la plupart des cas, les services Télévision, Téléphone, Internet à des prestataires privés.

Si l’hôpital n’envisage pas l’usage de ce terminal pour ses propres besoins, l’investissement (par l’hôpital ou le prestataire) est disproportionné. Et par conséquent  la journée de télévision vendue aux patients risque d’être trop élevée. Même si l’usage est sans doute plus agréable pour le patient qu’un LCD au pied du lit, il doit être pris en compte le coût prohibitif de ce luxe … Hôpital Public oblige.

De plus, il faut aussi savoir que la mise en réseau de ces terminaux nécessite une infrastructure de type « IP »,  rarement présente dans toutes les chambres dans nos hôpitaux, et qui représente un investissement supplémentaire lourd augmentant « la facture globale».

La gestion de la téléphonie (IP) nécessite aussi une solide expérience dans ce domaine. Avec cette solution, le temps où les téléphonistes étaient plus des électriciens que des informaticiens est bel et bien révolu. L’intégrateur de la solution doit avoir l’expertise « software », « téléphonie IP » et « réseaux IP » pour que l’ensemble de la chaîne soit sous une responsabilité unique, au-delà du seul choix des matériels.

L’organisation et les coûts de maintenance sont aussi à bien cadrer, tant pour les terminaux et  les softwares, que pour les bras articulés qui les supportent. Il n’est pas question de les sous-estimer faute de quoi l’hôpital devra gérer un nombre conséquent d’évènements indésirables faisant par la même baisser sa qualité de prestation. Tout l’inverse de l’effet souhaité.

Une attention particulière est à apporter concernant les bras articulés et leur fixation au mur ou au plafond : low-cost à proscrire. Ceux-ci auront à minima une durée de vie très limitée  et seront d’un usage vite inconfortable pour le patient.

S’agissant au fond d’un « réseau de PC » tous branchés sur un réseau électrique qui n’est pas forcément architecturé pour ce type de matériel, il ne faut pas négliger les impacts que peuvent avoir les ruptures d’alimentation électrique (Test groupes électrogènes, retour électrique etc.)

Enfin, que l’exploitation de ces terminaux soit faite par un prestataire externe pour la commercialisation du service dans le cas d’une délégation de services ou d’une convention d’occupation, ou en interne directement par l’établissement de santé, cela nécessitera une maîtrise parfaite de ces nouvelles technologies et une expérience éprouvée. (On reproduit en général moins facilement les erreurs du passé)

La durée des contrats de délégation ou concessions ne doit pas excéder  4 ou 6 ans au grand maximum, (mais cependant une durée minimale est inévitable pour permettre un modèle économique  »acceptable »). On ne penserait pas autre chose si on devisait sur un réseau de PC.

L’anticipation d’un tel investissement lié à des besoins spécifiques de l’établissement ne doit pas s’inscrire dans une vision à plus de deux ans. L’évolution rapide des produits (hard et soft) et le risque d’une obsolescence au moment de l’usage de celui-ci auraient comme conséquence de rater le bond technologique dans lequel l’établissement s’engage.

Des établissements Français ont déjà un  recul de plusieurs années sur ce type de solution, et de ce fait une bonne expérience sur le sujet.

 

En conclusion et de notre point de vue, nous pensons que le Terminal Multimédia est une solution d’avenir pour toutes les possibilités offertes. Mais ce type d’équipement doit s’inscrire avant tout comme un outil partagé, entre le divertissement des patients et le point d’accès contrôlé aux consultations de données et outil de saisie d’informations dans la chambre du patient.

 

2 réflexions au sujet de « Révolution technologique au chevet du patient »

  1. L’avenir passera forcément par cette solution.
    Seuls les coûts élevés de l’infrastructure et des terminaux risquent effectivement de ralentir le développement, peut-être qu’un peu de pubs ciblées selon les services (ex: pubs pour équipement paramédical dans un service et pubs pour l’alimentation pour nourrisons en mater….) pourraient être diffusées à l’allumage du terminal en mode patient, et, par conséquent, cette solution permettrait de diminuer le coût de location pour les patients.

    Cdt.

  2. Merci du commentaire. je vois bien là, la connaissance de ce qui aura été un frein au développement de ces solutions. Le terminal multimédia est un produit fabriqué somme toute en petite série et d’un coût unitaire élevé. Les licences étaient d’un coût exorbitant.
    Mais les choses bougent, et vont encore bouger.
    A bientôt