Le circuit du médicament robotisé appliqué dans un hôpital

Dans le magazine DSIH d’avril 2012, sous la signature de Marie- Valentine Bellanger, un article intitulé « Quand les robots livrent les médicaments » nous a particulièrement intéressé.

Robot Médical dans Star  wars

Le robot médical dans le film Star Wars

L’article nous permet de rebondir sur le thème évoqué dans la dernière publication sur  notre blog : Révolution technologique au chevet du patient.

Outre l’intérêt et le succès qu’a suscité  la mise en place, au sein du Centre Hospitalier  Régional d’Annecy , de l’automatisation et de l’informatisation du circuit du médicament, depuis la prescription jusqu’à l’administration, ce sont les propos de François Meusnier-Delaye, DSI en charge du projet qui ont retenus toute notre attention.

En effet, ce projet,  portant sur  le circuit du médicament, est aujourd’hui finalisé. Il s’inscrit dans une démarche, engagée en 2008, dès l’ouverture de ce Centre Hospitalier, à savoir celle d’un usage opérationnel des nouvelles technologies.

Cet établissement a fait le choix en 2008 de déployer 600 terminaux Multimédia LINCOR.  Il  détient,  à n’en pas douter,  non seulement l’expérience et les clés nécessaires du succès, mais aussi suffisamment de recul pour permettre d’avoir, à présent, un avis éclairé des différents acteurs du projet.

Dans cet article, François Meusnier-Delaye apporte des précisions qui complètent et confirment ce qu’est notre position sur le sujet, à savoir :

1°) De l’usage partagé :

« Un projet consistant à consolider le réseau , en renforçant le réseau téléphonique DECT existant, puis à déployer 600 terminaux multimédia au-dessus de chaque lit, avec télévision, internet, téléphone,  services divers et accès au système d’information et aux applications métiers – dossier médical, prescription, par exemple » (FMD)

Nous retrouvons dans ce propos notre point de vue, soit :

« Ce type d’équipement doit s’inscrire avant tout comme un outil partagé, entre le divertissement des patients et le point d’accès contrôlé aux consultations de données et outil de saisie d’informations dans la chambre du patient. »

2°) De l’appropriation du système

« Plusieurs facteurs techniques ou sociologiques sont à prendre en compte : gestion de la maintenance, qualité des matériels, du réseau qui les relie, des serveurs qui hébergent les applications médicales …… problématique d’identification du professionnel de santé, mais aussi culture des soignants et du médecin, pas toujours prêts à évoquer l’ensemble du processus de soins dans la chambre du patient »(FMD)

Ces recommandations complètent bien celles évoquées dans notre avis sur le sujet.  Les bonnes questions à se poser avant toute décision étant :

- Quelle performance attendue de la plateforme technique ?
- Qui a la main sur l’applicatif « patient »
- Traçabilité des soins. Comment utiliser le TMM pour lecture d’un code-barres ?
- Comment se fait l’identification sécurisée des professionnels, cartes, cps, tag de proximité … ?
- Comment est prise en compte la « culture » des soignants ?
- Comment est prise en compte la « culture » des médecins ?
- Comment sont assurés les différents niveaux de maintenance ?
- Que font les professionnels de santé en cas de panne ? Quel mode dégradé ?

L’expérience du CHRA, et notamment de son DSI, est sans doute riche d’enseignements.

3°) De la mobilité

« Dans le cadre d’un nouveau schéma directeur informatique, le choix a été fait de déployer un réseau WIFI pour compléter le dispositif de l’informatique au chevet du patient, en maintenant  les terminaux multimédia, mais en déployant des moyens complémentaires de mobilité plus classiques. » (FMD)

C’est ce réseau qui permet désormais d’assurer le circuit du médicament dans sa globalité. Savoir choisir la bonne technologie pour le meilleur usage, relève aussi de l’expérience acquise.

Ne pas avoir de « religion », trouver une solution adaptée, faire communiquer les systèmes, voilà sans doute le challenge que représente l’intégration des outils disponibles aujourd’hui.

4°) Des facteurs clés du succès

« Il faut un bon travail coopératif entre l’éditeur de logiciel (Computer Engineering), de l’industriel constructeur de la robotique (Sinteco), des utilisateurs, médecins et pharmaciens. Ce fut une excellente action d’équipe rythmée par des comités techniques et fonctionnels réguliers et des réunions de travail entre les différents acteurs. » (FMD)

Si cette méthode de travail collaborative, pilotée par le DSI du CHRA, a permis la mise en place du circuit du médicament avec la réussite qu’on doit lui reconnaître, elle doit être le fil conducteur de tous les projets du même type.

 

Au travers de cet article de D.S.I.H, on voit dans l’expérience du CHRA la trace d’un projet, engagé il y a plusieurs années, qui poursuit son évolution. Dans ce domaine comme dans bien d’autres, c’est l’implication forte et déterminée de l’organisation médicale et celle des soignants, soutenues l’une et l’autre par une DSI dynamique et réaliste, qui fera le succès des déploiements de cette envergure.

 

C’est donc bien en « Projet d’Etablissement » que doivent être abordés ces sujets, chacun se devant d’en être des acteurs opérationnels, sous l’impulsion du Directeur Général.

 

 

REFERENCES :

Magazine  D.S.I.H

Article : Quand les robots livrent les médicaments  (page 90/91)

Journaliste : Marie-Valentine Bellanger

C.H.R.A :   https://www.ch-annecy.fr/

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